lundi 8 juin 2015

Alpes-Maritimes: Dernier lâcher de Gypaètes barbus à la frontière italienne

D’ici trois semaines, Roman et Herculis devraient prendre leur envol. Ces deux « poussins » de 6 kg chacun, installés dans un nid à près de 1.600 m d’altitude samedi en Italie, à quelques battements d’ailes du parc national du Mercantour, sont les derniers d’une longue série.
Ils complètent une opération de réintroduction des Gypaètes barbus dans les Alpes du Sud lancée il y a près de 30 ans et financée depuis 2005 par la Fondation Albert II de Monaco.
Ces vautours, considérés comme les plus grands rapaces d’Europe, avaient disparu des sommets azuréens en 1913, victimes de la chasse et d’empoisonnements accidentels.

Surveillés pendant trois mois

Après plusieurs opérations similaires dans le Mercantour (notamment en 2013), ce dernier lâcher a été suivi par des dizaines de passionnés à San-Giacomo-di-Entraque, dans la région du Piémont, où les derniers - longs - mètres des oisillons vers leur refuge se sont faits à dos d’homme.
Postés à distance de leur tanière, des ornithologues surveilleront leur acclimatation pendant près de trois mois. Les deux jeunes Gypaètes avaient d’abord voyagé deux jours par la route, depuis le zoo d’Ostrava, en République tchèque.
« Trois couples sont déjà bien installés dans le Mercantour. Et sur toute la zone des Alpes transfrontalières, 33 paires se reproduisent, s’est félicité José Tavares, directeur de la Fondation pour la sauvegarde des vautours, qui coordonne l’opération. La croissance démographique de la population de Gypaètes est aujourd’hui très satisfaisante dans les Alpes du Sud. »

Un « nettoyeur » qui s’attaque aux carcasses

L’ONG devrait désormais concentrer son action dans les Cévennes et en Corse, concernée à son tour par la dispartion de l’espèce.
« Le gypaète tient un rôle important dans la chaîne alimentaire, indique-t-on du côté de la Fondation pour la sauvegarde des vautours. Deux individus sont capables de nettoyer une carcasse en moins de deux heures ».
L’oiseau, qui affiche une envergure de près de 3 m, ne s’attaque qu’aux animaux déjà morts. Pour avaler les os volumineux, il est capable de les emporter jusqu’à 100m au-dessus du sol, puis les laisser tomber sur des pierres, afin de les briser.

Climat: les émissions de la Chine à leur maximum d'ici 2025

Note d'espoir dans la lutte contre le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre de la Chine devraient atteindre leur pic en 2025 puis décliner, soit cinq ans plus tôt que prévu par Pékin, selon une étude publiée lundi.
Selon les courbes actuelles, la Chine, premier émetteur mondial, devrait dégager 12,5 à 14 milliards de tonnes équivalent CO2 (GTCO2e) en 2025, un record pour ce pays, avant que les émissions commencent à diminuer, prévoit cette étude, réalisée par l'économiste du climat Nicholas Stern et l'analyste Fergus Green.
«Ce résultat suggère qu'il est de plus en plus probable que le monde évite un réchauffement mondial de plus de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels,» soulignent dans un communiqué les auteurs de ce rapport produit par deux instituts de recherche de la London School of Economics (LSE).
Les Etats, réunis jusqu'à jeudi à Bonn, négocient pour tenter de parvenir à un accord universel à Paris en décembre, destiné à prendre le relais du protocole de Kyoto à partir de 2020. Il s'agit de limiter le réchauffement mondial à 2°, seuil au-delà duquel la science annonce des impacts dévastateurs sur les écosystèmes comme sur les économies.
«En analysant les tendances dans les secteurs émetteurs clés en Chine, nous concluons que les émissions de gaz à effet de serre ont peu de probabilité d'atteindre leur sommet en 2030, la limite haute qu'avait fixée le président Xi Jinping en novembre 2014, et devraient plus probablement connaître leur pic d'ici 2025», souligne l'étude. Et cela pourrait même se produire avant.
La consommation de charbon par les Chinois a chuté en 2014 et au premier trimestre de 2015, soulignent les chercheurs, qui ont calculé qu'elle avait atteint son «maximum structurel» et devrait se stabiliser au cours des cinq ans, tandis que le recours au gaz naturel se développe. Un basculement permis par des changements structurels de l'économie chinoise, mais aussi par les politiques publiques mises en oeuvre pour favoriser un développement plus durable et réduire les impacts environnementaux.
Dans le cadre des négociations onusiennes, les pays doivent publier avant le 31 octobre leurs engagements nationaux en matière de réduction à moyen terme de leurs émissions de gaz à effet de serre, source du réchauffement mondial.
Trente-neuf parties ont déjà fait connaître leurs intentions. Pékin n'a en revanche pas encore publié sa contribution.
«La question de savoir si le monde pourra tenir cette trajectoire (de +2°) dans la décennie ou au-delà, à partir de 2020, dépend de manière significative de la capacité de la Chine à réduire ses émissions à un rythme soutenu après son pic» plutôt que de simplement stagner, souligne ainsi l'étude britannique. Elle dépend aussi «des actions des autres pays dans les 20 ans à venir, et des actions mondiales menées au cours des décennies suivantes».
Aujourd'hui, les émissions mondiales s'élèvent à environ 50 GTCO2e, dont environ un quart produite par la Chine seule, selon les auteurs.

Les abeilles sud-africaines à leur tour menacées de disparition

Après l'Europe et les Etats-Unis, l'Afrique du Sud est à son tour touchée par la disparition des abeilles, indispensables pollinisatrices d'un grand nombre d'espèces végétales nécessaires à l'alimentation humaine.
Une épidémie de loque américaine, une maladie mortelle pour les ruches causée par un germe, est en train de faire des ravages, pour la première fois dans l'histoire récente du pays, explique Mike Allsopp, agronome spécialiste des abeilles à Stellenbosch, dans l'arrière-pays du Cap.
«C'est exactement la même chose qui se passe partout dans le monde», dit-il. Les abeilles attrapent des maladies parce qu'elles sont «stressées par les méthodes d'apiculture intensive, les pesticides et la pollution», alors qu'«autrefois, elles étaient moins vulnérables», dit-il. Elles souffrent «de l'homme, des pressions et du stress que les humains leur imposent».
Les experts redoutent que la maladie ne se propage vers le nord, pour s'étendre au reste du continent africain, où l'apiculture artisanale fait vivre des centaines de milliers de personnes.
«C'est une bombe à retardement. Toutes les ruches que j'ai examinées avec un cas de loque américaine sont mortes», indique M. Allsopp.
Lorsque Brendan Ashley-Cooper a découvert la maladie dans ses ruches en 2009, il s'est immédiatement inquiété: «Nous savions que nous allions avoir cette explosion massive de loque», raconte cet apiculteur du Cap. «Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quelle serait l'étendue des dégâts. Je m'inquiétais juste pour mes abeilles.»
Six ans plus tard, le cauchemar est devenu réalité. Les ruches s'éteignent l'une après l'autre.
La loque américaine s'attaque au couvain (l'ensemble des larves), empêchant la reproduction des ouvrières. Lorsqu'une ruche est morte, des abeilles d'autres ruches s'y précipitent souvent pour en récolter le miel. C'est ce miel contaminé qu'elles rapportent dans leur propre ruche, propageant la maladie.
- Programme d'action -
L'Amérique du Nord et l'Europe sont confrontées à cette maladie depuis des siècles, mais les abeilles sud-africaines y avaient jusqu'ici résisté notamment grâce à la grande diversité des espèces d'abeilles locales, estiment les scientifiques. Un règlement imposant que tous les produits de la ruche importés en Afrique du Sud soient irradiés a également permis d'éviter la contamination pendant très longtemps.
En 2015 cependant, la bataille est mal engagée: «la loque s'est répandue massivement ces cinq derniers mois (pendant l'été austral), elle a gagné dans l'ouest du pays un territoire de 500 km sur 400 où quasiment tous les ruchers sont infectés», déplore Mike Allsopp.
«Elle progresse rapidement et je ne vois pas pourquoi elle s'arrêterait, à moins qu'une intervention humaine ne parvienne à la contrôler», poursuit-il.
Comme partout, les abeilles ne sont pas seulement des fournisseuses de miel, elles sont surtout indispensables à la pollinisation de centaines d'espèces végétales.
«Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre nos abeilles», dit M. Allsopp. «Non pas à cause du miel, mais parce que nous avons un secteur agricole d'une valeur de 20 milliards de rands (1,5 milliard d'euros) qui dépend de la pollinisation par les abeilles.»
Selon l'organisation Greenpeace, qui a lancé une campagne pour sauver les insectes, quelque 70% des récoltes dans le monde, qui fournissent 90% de la nourriture consommée sur terre, sont pollinisées par les abeilles.
«Nous avons une équipe qui travaille actuellement à un programme d'actions qui sera annoncé dans les prochaines semaines», assure Mooketsa Ramasodi, directeur au ministère de l'Agriculture.
Le plan du gouvernement prévoit de limiter les autorisations d'ouvrir des ruches, d'informer largement sur la maladie et de créer des règles plus strictes de gestion des colonies, comme l'analyse régulière des larves pour identifier les malades avant qu'elles ne contaminent toute la ruche.
L'usage d'antibiotiques pour protéger les ruches, très controversé, ne sera retenu «qu'en tout dernier ressort», assure M. Ramasodi.
Pour l'apiculteur Ashley-Cooper, ces mesures risquent cependant d'être insuffisantes et d'arriver trop tard, dans un secteur agricole où l'habitude est de ne pas intervenir et de laisser faire la nature. Une méthode qui avait toujours réussi aux apiculteurs, depuis des décennies.

Extraction de sable: Macron à Lannion pour «entendre les inquiétudes»

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a rencontré lundi à la sous-préfecture de Lannion (Côtes d'Armor) une délégation des opposants au projet d'extraction de sable dans la baie afin d'«entendre les inquiétudes» et y apporter le «plus de garanties» possibles.
«J'ai voulu entendre les inquiétudes et y répondre en apportant le plus de garanties», a déclaré M. Macron à l'issue de la rencontre. «Je ne veux pas qu'on arrête tout alors que les règles ont été respectées», a-t-il insisté.
«Il s'agit de mettre en place une méthode progressive, transparente et objective avec la mise en place d'un comité qui prendra en compte toutes les parties ainsi qu'une étude qui durera six à neuf mois. Il est important de restaurer la confiance, sans quoi rien ne peut se faire», a détaillé le ministre de l'Economie.
Emmanuel Macron a également annoncé un décret avant la fin du mois de juin, qui définira les conditions de l'exploitation, à partir duquel un «point sera fait à Paris» en septembre prochain, en attendant le résultat de l'étude.
«L'autorisation d'exploitation sera renouvelée d'une année sur l'autre, après évaluation de l'impact sur l'environnement et les secteurs socio-économiques de la zone. Si l'impact est trop important, l'exploitation s'arrête», a assuré le ministre, demandant par la même occasion à la Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN), de d'ores et déjà «explorer des alternatives plus au large».
Parmi les personnes reçues par le ministre, Jean-François Omnès, représentant du collectif «le peuple des dunes du Trégor» et président de l'association des pêcheurs-plaisanciers a estimé que si «à titre personnel», il avait «relativement confiance dans la parole du ministre», il était nécessaire d'avoir «des engagements écrits, pas uniquement des paroles».
«Si les choses n'avancent pas, nous n'hésiterons pas à mener toutes les actions nécessaires pour bloquer le projet. Nous n'avons aucune confiance dans la CAN », a ajouté M. Omnès, en écho aux propos du ministre.
Déposé en 2010 par la CAN, filiale du groupe Rouiller, le projet d'extraction de sable en baie de Lannion, soutenu par les agriculteurs qui disent en avoir besoin, fait l'objet d'une vaste opposition de la part des élus, associations environnementales et groupements de professionnels de la région.
Le ministère de l'Economie a donné son feu vert le 18 avril dernier tout en limitant l'extraction à un maximum de 250.000 m3 de sable par an, contre 400.000 envisagés initialement, et en interdisant toute exploitation durant la période estivale, entre mai et août.

A Toulouse, une PME est devenue sentinelle des océans du Globe

Avoir gratuitement et en un clic de souris l'ensemble des données sur les océans du monde: Mercator Océan, une PME toulousaine, filiale de grands organismes scientifiques publics français, a créé pour le compte de l'Europe «Copernicus Marine Service»
Après une phase d'étude-démonstration qui a duré six ans, le programme a été lancé lundi, en marge d'un colloque à Toulouse organisé dans le cadre de la Journée mondiale des océans.
«Avant, on ne savait pas à qui s'adresser parmi les multiples fournisseurs de données. On récupérait des informations non décodées qu'il fallait traduire et c'était parfois payant. Aujourd'hui, il y a un endroit où on trouve tout et c'est totalement gratuit», explique Pierre Bahurel, directeur de Mercator Océan.
«Copernicus Marine Service» (CMEMS), financé par l'Union européenne à hauteur de 114 millions d'euros jusqu'en 2021, constitue le volet maritime du programme européen d'observation de la Terre, baptisé Copernicus et doté d'un budget de 4,29 milliards d'euros.
«C'est très simple d'usage», explique le numéro un de Mercator, qui a remporté l'appel d'offres européen pour piloter CMEMS. «On clique et on a la température de l'eau à tel endroit, la salinité au fond de la Méditerranée, les courants en mer Baltique...»
Pour ce faire, l'entreprise toulousaine de 60 employés a interconnecté une quarantaine de fournisseurs de données sur l'ensemble des continents (satellites, bouées, prévisions météos...) et développé un «outil d'intérêt général» facilement exploitable par tous.
«Il n'y a aucun équivalent dans le monde, à ce niveau d'intégration. Nous sommes jalousés aux Etats-Unis. Les Chinois coopèrent avec nous et les Japonais sont venus nous voir», ajoute M. Bahurel.
- Déjà 5.000 abonnés -

Cinq mille utilisateurs sont déjà abonnés et leur nombre grimpe de 150 par mois depuis que le système est opérationnel, le mois dernier. Majoritairement européens, ils proviennent de 110 pays. Ils sont pour moitié des chercheurs et des universitaires, appartiennent aux secteurs public comme privé, mais également au grand public.
Les usages sont multiples : industries off-shore (Total notamment), marine marchande, sauveteurs en mer, pêcheurs mais aussi navigateurs au long cours.
«Cela nous permettra d'avoir des informations de meilleure qualité», explique le navigateur Arnaud Boissières, qui a fini plusieurs Vendée Globe et Transat Jacques-Vabre. «Les prévisions sont souvent moyennes. Avec Copernicus, nous serons rassurés et ça nous permettra d'être en confiance».
Les climatologues peuvent aussi en tirer bénéfice. «Il n'y a pas de climatologie sans l'océan qui recouvre les deux tiers de la planète», rappelle M. Bahurel, tandis qu'approche la conférence sur le climat (COP 21) qui doit se tenir à Paris en décembre.
Ainsi, le CMEMS peut être un «indicateur précurseur» des catastrophes naturelles, comme les cyclones: «On peut dire si l'océan est chargé en énergie», ce qui peut alimenter un cyclone, explique le directeur.
Le centre français de prévisions océaniques Mercator Océan est une filiale conjointe du CNRS, de l'Ifremer, de l'Institut de recherche pour le Développement (IRD), de Météo-France et du Service hydrographique et océanographique de la marine (Shom).

Colombie : 740.000 litres de pétrole déversés dans la nature sur ordre des Farc

Quelques 740.000 litres de pétrole brut ont été déversés dans la nature lundi dans le sud-ouest de la Colombie par les chauffeurs de 19 camions citernes, sous la menace, selon les autorités, d'un groupe de rebelles des Farc.
D'après la version officielle, des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), avec qui le gouvernement mène à Cuba des pourparlers de paix, ont intercepté lundi matin le convoi de camions citernes dans la zone pétrolière de Puerto Asis, dans la province de Putumayo.
Les chauffeurs «ont été abordés apparemment par un groupe des Farc et obligés de déverser tout le brut qu'ils transportaient», a affirmé sur la radio RCN le gouverneur de la province Jimmy Diaz, ajoutant que le pétrole pourrait polluer les ressources en eau dans la zone.
Les véhicules contenaient quelques 200.000 gallons de brut (environ 740.000 litres), a indiqué à l'AFP une source militaire sous couvert d'anonymat.
«Obliger les chauffeurs à vider le pétrole qu'ils transportaient à #Putumayo, c'est polluer les ressources naturelles et la communauté», a écrit sur Twitter le ministère de la Défense.
Cette attaque s'ajoute à celles menées la semaine dernière contre des pylônes électriques sur la côte Pacifique, qui ont notamment privé de courant le port de Buenaventura.
Le week-end dernier, une autre explosion a affecté la distribution en eau potable de la localité de Algeciras, également dans le sud-ouest du pays.
«Depuis Putumayo, nous contestons ces actes et lançons un appel pour que ces sujets soient évoqués aux pourparlers (de paix) de La Havane», a ajouté M. Diaz.
Les Farc, plus ancienne guérilla d'Amérique latine, et le gouvernement colombien négocient depuis novembre 2012 à Cuba la fin d'un conflit qui a fait plus de 200.000 morts et 5,5 millions de déplacés en un demi-siècle.

Le G7 progresse sur le climat et discute de nouvelles sanctions envers Moscou

Un accord sur le climat et un renforcement éventuel des sanctions contre la Russie : telles sont les principales conclusions du sommet du G7 qui s’est achevé, lundi 8 juin, dans le château-hôtel bavarois d’Elmau, en Allemagne.
A moins de six mois de la conférence sur le climat de Paris (COP21), qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, ont avant tout voulu mobiliser sur la lutte contre le réchauffement climatique.

« Maintenir la hausse de la température au-dessous de 2 °C »

L’objectif principal de cette rencontre, vue de Berlin et de Paris, a été atteint : confirmer l’engagement explicite des sept pays industrialisés (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie) de « maintenir la hausse de la température moyenne dans le monde au-dessous de 2 degrés celsius », selon les termes du communiqué final adopté à l’issue de cette réunion. Ce seuil avait été fixé lors de la conférence sur le climat de Copenhague en 2009 qui s’était soldée par un échec. Cette référence aux 2 degrés figure désormais dans le document approuvé par les pays du G7. Pour y parvenir, précise le texte, il faudra, d’ici à 2050, une réduction « des émissions mondiales de gaz à effet de serre » se situant « entre 40 et 70 % par rapport à 2010 ».
Hôte du sommet, Angela Merkel a insisté sur le fait que le G7 se dit favorable à l’adoption à Paris de « règles contraignantes ». Même Greenpeace juge que la réunion d’Elmau a « tenu ses promesses ». Reste maintenant à mettre en musique cette ambition. Surtout que le G7 s’est montré moins précis sur les engagements financiers mis en place pour faciliter la transition énergétique des pays du Sud.

Eviter de répéter l’erreur commise à Copenhague

De son côté, le pésident français, François Hollande, a qualifié ces objectifs « d’ambitieux et réalistes », lors de sa conférence de presse, lundi. Pour M. Hollande, il faut maintenant poursuivre sur cette lancée pour obtenir un « préaccord » avant l’ouverture de la conférence sur le climat à Paris. La France insiste depuis des mois pour boucler un accord avant l’ouverture officielle de la conférence de Paris. Et ce afin d’éviter de répéter l’erreur commise à Copenhague, lorsque les délégations ont misé, à tort, sur l’implication tardive des chefs d’Etat et de gouvernement.
Le texte de Paris, a poursuivi M. Hollande, devra préciser les « engagements » spécifiques des pays participants et des mécanismes de « financements » pour assurer la transition énergétique dans les pays en développement afin de leur permettre de « sauter une étape » sans « passer par la case fossile ».
Pour atteindre ce but, encore faut-il que chacun alimente la cagnotte de ce vaste projet de « décarbonisation » de l’économie mondiale. M. Hollande a rappelé que l’objectif demeurait de récolter 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. Un but qui n’est pas encore atteint. « Nous devons encore voir avec l’ensemble des acteurs, privés et publics, comment y arriver », a reconnu M. Hollande.
L’autre priorité de ce G7 a été d’afficher une position de fermeté vis-à-vis de Moscou, exclu de ce forum l’année dernière après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie. Alors que la situation en Ukraine demeure tendue, François Hollande a jugé « vraisemblable » la prolongation des sanctions adoptées contre la Russie par l’Union européenne lors du prochain Conseil européen, à la fin juin.

Même si le cessez-le-feu et les autres mesures de règlement du conflit contenues dans les accords de Minsk, conclus en février, sont loin d’être respectées, M. Hollande n’a toutefois pas estimé que ces violations appelaient à une « aggravation » des sanctions contre la Russie. Un tel durcissement serait envisagé, a-t-il précisé, s’il est « démontré que la Russie continue d’armer » et de soutenir activement les séparatistes prorusses de l’Est de l’Ukraine. Et si les autorités autoproclamées de ces régions sabotent ouvertement le processus de Minsk. En attendant, a affirmé M. Hollande, « il n’est pas question » de lever les sanctions contre la Russie.

Force est de constater que M. Hollande a adopté un ton nettement moins tranché que Barack Obama, qui avait dénoncé, dès son arrivée en Bavière, « l’agression russe en Ukraine ». A l’issue du sommet, le président américain a reconnu qu’il y avait eu « discussion » sur le durcissement éventuel de sanctions contre la Russie si le Kremlin continue de déstabiliser l’Ukraine. Il s’est montré offensif à l’égard du président russe, en se demandant si l’intérêt de Vladimir Poutine était d’isoler la Russie en « poursuivant un désir erroné de recréer les gloires de l’empire soviétique ». Quant à Mme Merkel, elle a insisté sur la « communauté de valeurs » que partagent les pays du G7. Une façon de dire que la Russie ne va pas de sitôt retrouver sa place à la table du G7.