dimanche 13 octobre 2013

Anticoagulant Pradaxa : ce qu'on lui reproche

Erwan Lecomte
Par 
Sciences & Avenir

Les familles de personnes âgées décédées ont porté plainte contre le labo Boehringer Ingelheim commercialisant le Pradaxa.

CAILLOTS. Nouveaux développements dans l'affaire de l'anticoagulant de nouvelle génération (NACO) Pradaxa, prescrit pour empêcher la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins. Les familles de quatre personnes âgées décédées début 2013 et qui prenaient le médicament ont décidé de porter plainte contre le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim qui le commercialise.
Les plaignants visent aussi l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM, ex Afssaps) à qui il est notamment reproché d'avoir méconnu les principes de précaution et de prévention, a précisé Me Philippe Courtois qui appelle toutefois à "ne pas arrêter son traitement sans avis médical".

Une nouvelle génération de molécules

Alors, y a-t-il un scandale Pradaxa ? Ce médicament est en effet soupçonné de provoquer de graves hémorragies internes. L'accusation avait été révélée le vendredi 20 septembre 2013 par la diffusion sur l'antenne de France Info du témoignage d'un homme hospitalisé en urgence après avoir subi pareille mésaventure.
"BOMBE À RETARDEMENT". En fait, le Pradaxa n'est pas le seul médicament dans le collimateur.Dans un communiqué particulièrement alarmiste, le syndicat des jeunes biologistes médicaux pointait du doigt tous les anticoagulants oraux, n'hésitant pas à les qualifier de "bombe à retardement" et d'évoquer le risque d'un prochain scandale de la même ampleur que celle du Médiator.
Actuellement, il existe deux anticoagulants oraux sur le marché : le Pradaxa et le Xarelto. Tous deux sont prescrits pour la prévention des accidents emboliques liés à la "fibrillation atriale" (un trouble du rythme cardiaque). Le Xarelto est également prescrit pour traiter les thromboses veineuses profondes ainsi que l'embolie pulmonaire. Deux nouveaux médicaments sont également attendus d'ici peu : l'Apixaban et l'Edoxaban. Ces nouveaux anticoagulants oraux constituent une génération nouvelle de molécules thérapeutiques, commercialisés en Europe depuis 2008, et en France depuis 2012. "Sur le der­nier tri­mestre 2012, parmi les 100 000 patients entre­pre­nant un trai­te­ment anti­coa­gu­lant, 57 % se sont vus pres­crire un NACO en pre­mière inten­tion" chiffre le Syndicat des jeunes biologistes médicaux sur son site.

En trois points, les doléances des médecins biologistes

Ce que leur reproche le Syndicat des jeunes biologistes ? Trois choses :
  • Leur prix trop élevé : "Le coût men­suel du trai­te­ment par NACOs (nouveaux anticoagulants Oraux) est de 76 € à com­pa­rer aux 12.5 € en moyenne" pour les traitement anticoagulants plus anciens à base d'antivitamine K (AVK), chiffrent-ils.
  • Leur prescription "injustifiée" à des patients qui supportent bien ces traitements plus anciens. 
     Le syndicat des jeunes biologistes médicaux chiffre à 35 000 patients le nombre de patients qui auraient ainsi changé de traitement, avec parmi eux 35 % de per­sonnes âgées de plus de 80 ans.
  • Mais surtout un risque potentiellement supérieur de ces nouveaux traitements. En effet, un dosage trop important d'anticoagulants entraîne un risque important d'hémorragie interne. Avec les anciens traitements, il suffit dans ce cas d'injecter de la vitamine K pour annuler l'effet du médicament. En revanche, en ce qui concerne les nouveaux anticoagulants oraux, "il n’existe pas d’antidote per­met­tant, d’en neu­tra­li­ser l’effet en cas d’hémorragie !" s'alarment les biologistes.
Le syndicat aurait donc fait part, dans un courrier, de ces inquiétudes auprès du ministère de la Santé. Ces éléments portent-ils en eux les germes d'une scandale sanitaire de grande ampleur tels que celui du Médiator ? Pas forcément. 

De nombreuses études préalables

Rappelons tout d'abord que le Médiator était un médicament antidiabétique dont les effets secondaires contre la prise de poids ont conduit à sa prescription en dehors de son champ thérapeutique. Ce qui n'est nullement le cas de ces nouveaux anticoagulants oraux.
"ANTIDOTE". Ensuite, il est vrai qu'il n'existe pas "d'antidote" à ce médicament. Comme c'est d'ailleurs le cas pour de nombreux autres médicaments. Mais cet élément ne constitue pas à lui seul une preuve de leur dangerosité.
De plus, "les NACO ont fait l'objet d'études de grande ampleur qui ont montré une efficacité équivalente à celle des antivitamines K pour la prévention des risques thrombo-emboliques" assure le docteur Serge Kownator, cardiologue à Thionville. "Ces études ont même montré que les NACO n'entrainent pas un risque d'hémorragies plus élevé. bien au contraire, le risque d'hémorragie graves intracrâniennes s'avère inférieur" affirme-t-il.

Mais un risque non négligeable

Toutefois, l'ANSM rappelle fort à propos que les anticoagulants, quels qu'il soient, ne sont pas des médicaments anodins. "Les essais cliniques et l'expérience après la mise sur le marché ont démontré que les évènements hémorragiques majeurs, y compris ceux ayant entraine une issue fatale, ne concernent pas seulement les antagonistes de la vitamine K mais sont aussi un risque important associés à l'utilisation des nouveaux anticoagulants oraux" explique, dans un communiqué récent, l'agence nationale du médicament et des produits de santé.

Faut-il arrêter son traitement ?

Faut-il alors arrêter du jour au lendemain son traitement anticoagulant du fait du risque d'hémorragie ? Surtout pas ! Le Dr Serge Kownator, auquel nous avons posé la question, conseille aux personnes qui prennent ces traitements d'en discuter avant tout avec leur médecin, précisant qu'un arrêt brutal peut faire courir un grave risque d'accident embolique. Me Philippe Courtois, avocat des familles ayant porté plainte, l'a d'ailleurs rappelé lors d'une intervention à l'AFP, comme vous avez pu le lire plus haut.
POSOLOGIE. En effet, seul un professionnel de santé est à même de juger, en fonction du risque hémorragique du patient et des éventuelles interactions médicamenteuses, du traitement le mieux adapté et de sa posologie. Mais en cas de toute, n'hésitez pas à multiplier les avis cas, comme le rappelle l'ANSM, "tous les prescripteurs ne sont pas suffisamment informés de la prise en charge des risques hémorragiques telle que recommandée dans les résumés des caractéristiques du produit".

Une histoire de gros sous ?

Reste enfin l'argument financier avancé par le Syndicat des jeunes biologistes médicaux. "À l’heure où toute ligne de dépense de santé se doit d’être jus­ti­fiée, les prix accor­dés et rem­bour­sés par l’Assurance vis-à-vis des NACOs sont par­fai­te­ment déme­su­rés" s'insurgent-ils, préconisant plutôt l'utilisation des "anciens" traitements à bases d'antagonistes de la vitamine K. 
LABORATOIRES. Des traitements certes 6 fois moins chers, mais bien plus contraignants puisqu'ils nécessitent des prises de sang régulières. Selon l’Afssaps, les contrôles doivent être pratiqués tous les 2 à 4 jours jusqu’à stabilisation de l’INR (un test de coagulation sanguine), puis avec un espacement progressif jusqu’à un intervalle maximal d’un contrôle par mois. Des prises de sang réalisées et effectuées par... des laboratoires de biologie.
Selon l'ANSM, on peut estimer à plus d'un million le nombre de patients traités en France par antivitamines K en 2011. Ce qui fait un sacré nombre de piqûres à facturer. Il est louable que le Syndicat des jeunes biologistes médicaux s'inquiète des tarifs très élevés de ces nouveaux traitements qui se prennent sans qu'il soit nécessaire de surveiller par des prises de sang régulière leur activité anticoagulante, et de leur coût sur la sécurité sociale. Mais peut-être n'est-ce pas là leur seule motivation.

Le pêcheur devient nettoyeur des mers

Ramasseur de déchets flottants : ce pourrait être la nouvelle occupation des marins-pêcheurs qui font face à la raréfaction des poissons

Ramasseur de déchets flottants : ce pourrait être la nouvelle occupation des marins-pêcheurs qui font face à la raréfaction des poissons. DR
Ramasseur de déchets flottants : ce pourrait être la nouvelle occupation des marins-pêcheurs qui font face à la raréfaction des poissons. DR
Cet été, six bateaux de pêche sont sortis à la recherche de déchets plastiques flottant entre deux eaux. Le «Guillaume» et le «Prince des Mers» à Saint-Mandrier (Var), le « Dom Ostalamar », le «Legatz-Berria » et l’«arc-en-ciel» à Ciboure (Pyrénées Atlantiques) et Capbreton (Landes) et «le Butin » à Honfleur (Calvados) pourraient bien inaugurer une nouvelle activité pour une profession sinistrée par la baisse des captures (-3% l’an dernier par rapport à 2011).
Le programme est piloté par le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) et par la Fédération de la plasturgie qui va étudier les possibilités de recyclage des matériaux récupérés.
Les bateaux sur le chemin du retours après la collecte des déchets

Les bateaux ont été dotés d’un chalut doté d’un boudin gonflable qui permet de collecter tout objet flottant en surface sur une profondeur de 20 centimètres. Ce réceptacle a été inventé par la société Thomsea qui élargit ainsi son offre commerciale.
Basée en Vendée, Thomsea commercialise déjà des barrages flottants de récupération de pétrole en cas de marée noire et un système de pompage d’ulves lors des phénomènes de marées vertes : « nous avons proposé aux pêcheurs d’abandonner la pêche huit journées par an, période où leur activité consiste à nettoyer les mers, explique Delphine Ciolek, en charge du dossier à la CNPMEM.
Débarquement des déchets collectés.
Ces jours-là, ils sont indemnisés et remboursés de leurs dépenses en gazole sur des fonds provenant de l’antenne française du projet « Waste free ocean » (WFO). Le budget est de 900 000 euros financés à 52 % par des fonds privés, 48 % par le ministère de l'Écologie et par deux agences de l'eau.
Les trois sites ont des configurations très différentes. Au large du Var, les déchets sont relativement repérables car concentrés par le courant ligurien. En revanche, dans le Golfe de Gascogne, la mer doit être étale et la collaboration des plaisanciers est essentielle pour le repérage des déchets.
Enfin, à Honfleur, le Butin va sillonner le milieu très particulier de l’estuaire de la Seine. C’est à la suite de ces expériences que l’opération pourrait être étendue à l’ensemble des ports de pêche français dès 2014. Selon un premier bilan effectué à Ciboure, L’Arc en ciel a récupéré en 8 jours 500 kilos de déchets divers : bouteilles de plastique, bottes de plongée sous-marine, morceaux de filets, sacs plastique…

samedi 12 octobre 2013

La France doit accroître son espace maritime pour bénéficier des richesses

ENVIRONNEMENT - C'est ce que préconise un rapport...

La France doit se donner les moyens d'accroître sa souveraineté maritime afin de bénéficier dans les décennies à venir des richesses potentielles du sol sous-marin, préconise un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) présenté mercredi. Le Convention de l'ONU sur le droit de la mer (Montego Bay, 1982) donne la possibilité à la France d'étendre ses droits souverains sur les ressources du sol et sous-sol de son plateau continental. «Cette possibilité d'extension sur près de deux millions de kilomètres carrés est une chance», dit Gérard Grignon, rapporteur de l'avis, présenté au nom de la délégation à l'Outre-mer du CESE.
«L'accès à des richesses potentielles, comme des hydrocarbures, des encroûtements cobaltifères, nodules polymétalliques et terres rares», matériaux indispensables aux industries de pointe, constitue «un atout considérable pour notre pays s'il contribue à un nouveau modèle de développement durable, en particulier au profit des collectivités ultramarines», plaide l'ancien député de Saint-Pierre et Miquelon. «Il faut une prise de conscience de ce que cela peut rapporter à la France», a déclaré à l'AFP M. Grignon, rappelant que grâce à ses outre-mer, la France est la 2e puissance maritime derrière les Etats-unis et devant l'Australie.

La France compte déposer un dossier d'ici la fin de l'année

Le projet d'extension du plateau continental n'est pas récent: en 2003, la France s'était dotée d'un programme national dit «Extension raisonnée du plateau continental» (Extraplac), destiné à construire les dossiers qu'elle dépose, territoire par territoire, devant les instances internationales. L'un d'entre eux est plus connu car il donne lieu à des frictions diplomatiques régulières avec le Canada: c'est celui concernant Saint-Pierre et Miquelon, collectivité française d'Atlantique nord, voisine du Canada et d'une zone riche en hydrocarbures. Pour le moment, aucun accord n'a été trouvé et la France entend tout de même déposer un dossier d'ici la fin de l'année. Qui restera sous la pile, la Commission chargée de l'étudier ne pouvant se pencher sur des dossiers faisant l'objet d'un litige.
Le dossier concernant la Polynésie fait l'objet d'une contestation du Vanuatu voisin, tandis que le dossier de Clipperton est au point mort, regrette le Cese. En revanche, d'autres dossiers sont déjà avancés: ils ont obtenu l'aval de la Commission mais nécessitent des accords avec des pays tiers: il s'agit de l'Espagne et de l'Irlande pour le Golfe de Gascogne; du Brésil et du Suriname pour la Guyane, de la Barbade pour les Antilles, et de l'Australie pour le dossier de la Nouvelle-Calédonie comme des Kerguelen.
«Au Quai d'Orsay de se bouger maintenant pour signer ces accords», a lancé le rapporteur. «Dans un contexte de crise économique mondiale, quel pays côtier ne saisirait pas l'opportunité d'accéder à des droits sur des ressources naturelles ?», a-t-il demandé. L'avis doit être examiné, et probablement adopté mercredi après-midi.
 Avec AFP

Pradaxa: que reproche-t-on à cet anticoagulant?

Quatre plaintes pour homicide involontaire ont été déposées contre le fabriquant de l'anticoagulant Pradaxa. L'Agence nationale de sécurité du médicament est également mise en cause. Explications. 
Pradaxa: que reproche-t-on à cet anticoagulant?
Les familles de quatre personnes âgées décédées, qui prenaient du Pradaxa, ont décidé de porter plainte contre le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim, qui le commercialise.
afp.com/Philippe Huguen
Vers un nouveau scandale sanitaire en France? Les familles de quatre personnes âgées décédées début 2013 après avoir pris l'anticoagulant Pradaxa, ont décidé de porter plainte contre le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim qui le commercialise, a annoncé ce mercredi leur avocat, Me Courtois.  
Dans le collimateur des plaignants se trouve également l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ils lui reprochent d'avoir méconnu les principes de précaution et de prévention. L'Express fait le point.  

A quoi sert le Pradaxa ?

Le Pradaxa fait partie d'une nouvelle classe d'anticoagulants apparus en 2008. Il est généralement prescrit pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux, notamment après une opération de la hanche ou du genou ou chez les personnes souffrant de fibrillation auriculaire, trouble du rythme cardiaque.  

Pourquoi en parle-t-on aujourd'hui?

Quatre personnes, âgées de 78 à 84 ans, et originaires des régions de Lille, Strasbourg, Paris et Grenoble, sont décédées au premier trimestre 2013. Leur point commun: toutes prenaient ce médicament, a indiqué Me Courtois, lors d'une conférence de presse ce mercredi matin à Paris. 

Quels sont les risques?

Dans une lettre aux professionnels de santé, que le laboratoire Boehringer Ingelheim a mis en ligne sur son site, l'ANSM insiste sur le fait que "des événements hémorragiques majeurs peuvent concerner les nouveaux anticoagulants oraux, dont fait partie le Pradaxa.  
Selon l'avocat des familles, le risque hémorragique du Pradaxa est particulièrement important chez les personnes âgées". Les seniors "sont très peu représentés dans les études, alors que ce sont eux qui sont le plus exposés". La molécule "n'a pas été assez étudiée, notamment chez les patients les plus fragiles", selon la plainte. 

Pas de traitement?

Autre problème aux yeux des plaignants, "il n'existe pas d'antidote, ni de traitement spécifique d'efficacité prouvée en cas de survenue d'un accident hémorragique liée à l'action de ces médicaments". Contrairement aux anticoagulants d'anciennes générations: les hémorragies sont résorbables par l'administration de vitamine K.  
En clair, explique Me Courtois, "s'il y a une hémorragie, on ne peut pas l'endiguer". Ce fut le cas le 15 février à l'hôpital de Poissy pour un homme décédé d'une "hémorragie incontrôlable" trois jours après une opération du genou qui s'était "déroulée normalement", selon le rapport médical cité dans la plainte de la famille, datée du 3 octobre. 
Il est regrettable, aux yeux des plaignants "que le laboratoire n'ait pas commercialisé concomitamment le Pradaxa et son antidote, ce qui aurait évité de nombreux décès".  

Un échec de la pharmacovigilance ?

Plusieurs autorités sanitaires ont relevé les risques de ces médicaments de nouvelle génération. Le laboratoire Boehringer Ingelheim évoquant lui-même en novembre 2011 quelque 260 hémorragies suspectes en Allemagne entre mars 2008 et le 31 octobre 2011. 
En France, le Pradaxa a été inscrit en juillet 2011 par l'Afssaps sur une liste de médicaments nécessitant "une surveillance renforcée" et l'ANSM relevait le 20 septembre qu'elle "avait communiqué régulièrement sur les risques d'utilisation" des NACOs. 

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/pradaxa-que-reproche-t-on-a-cet-anticoagulant_1289363.html#YDW0CI3JJj3FuKUm.99

Génériques: les pharmaciens envoient la clé de leur boutique au ministère

Les pharmaciens sont invités par deux  à envoyer une clé de leur officine au ministère de la  pour protester notamment contre un projet prévoyant une transparence totale sur les remises accordées par les fabricants de médicaments génériques. 
"Madame la ministre, voulez-vous fermer mon officine ?" interpellent dans une lettre l'USPO et l'UNPF. Les deux syndicats proposent aux pharmaciens de transmettre ce courrier, assorti des clés de leur établissement à Marisol Touraine, ministre de la Santé. 

Par cette action symbolique, ils s'élèvent contre la lenteur des négociations sur la rémunération des pharmaciens et le projet de loi de  de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2014, qui prévoit des économies sur les médicaments à hauteur de 960 millions d'euros.
Ils protestent également contre l'article 40 du PLFSS, qui impose aux fabricants de génériques de déclarer tous les avantages commerciaux et financiers accordés aux pharmaciens.
Les laboratoires peuvent proposer aux officines des remises commerciales dans la limite de 17% du prix catalogue. Mais d'autres types de remises existent, sous forme de contrats de coopération commerciale, "qui sont des contournements de ce plafond de 17%", écrit le gouvernement dans son étude d'impact du PLFSS. 
Les syndicats craignent que cet article aboutisse à l'interdiction de ces remises supplémentaires.
"On risque de perdre l'équivalent des contrats (de coopération commerciale), soit 30.000 euros par officine par an, soit un emploi par officine", affirme Gilles Bonnefond, secrétaire général de l'USPO.
L'interdiction de ces contrats serait également une "catastrophe" pour Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, le premier syndicat de pharmaciens, qui ne participe pas à l'opération.
M. Gaertner souhaite au contraire que la loi entérine leur existence. 
La transparence sur les ristournes permet à l'Assurance maladie de repérer le prix auquel sont réellement facturés les génériques et donc de renégocier à la baisse le tarif de ces médicaments. Or, des génériques moins chers impliquent des remboursements moins élevés pour la Sécu. 
Elle en attend une économie de 15 millions d'euros en 2015, 30 millions en 2016 et 45 millions en 2017. 
http://www.leparisien.fr/laparisienne/sante/generiques-les-pharmaciens-envoient-la-cle-de-leur-boutique-au-ministere-11-10-2013-3216561.php

Les richesses du sous-sol marin, une opportunité pour la France

Paris - Métaux rares, hydrocarbures: les sols et sous-sols marins recèlent des richesses vitales pour les industries de pointe, que la France ne doit pas laisser lui échapper, met en garde le CESE dans un rapport publié mercredi.
La France peut faire valoir ses prétentions sur près de deux millions de kilomètres carrés supplémentaires de plateau continental, au regard de la convention de l'ONU sur le droit de la mer (Montego Bay, 1982). Ces espaces se situent essentiellement dans les prolongements des territoires français d'outre-mer.
«Dans un contexte de crise économique mondiale, quel pays côtier ne saisirait pas l'opportunité d'accéder à des droits sur des ressources naturelles ?», demande Gérard Grignon, rapporteur de l'avis, présenté mercredi au nom de la délégation à l'Outre-mer du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il a été adopté à l'unanimité en séance plénière.
La France «serait bien négligente et imprévoyante de ne pas profiter de cette aubaine d'étendre sa souveraineté sur des sous-sols qui peuvent receler des hydrocarbures comme en Guyane, à Saint-Pierre et Miquelon ou en Nouvelle-Calédonie», a expliqué à l'AFP M. Grignon.
Concernant les terres rares, notamment des métaux indispensables aux nouvelles technologies, «le rôle monopolistique de la Chine, qui assure 80% de la production, inquiète», souligne M. Grignon. «Or la chimie, l'automobile, l'aéronautique et la pharmacie ne peuvent pas se passer de terres rares et métaux mineurs», a-t-il souligné, rappelant que ces «quatre grands secteurs de l'industrie française représentaient 25% de la valeur ajoutée de l'industrie française en 2010 et pèseront pour 33% d'ici 2030».
La Polynésie française, dont l'extension du plateau continental représenterait à lui seul près de 1 million de km2, dispose de terres rares, tandis que les fonds marins de Wallis-et-Futuna sont très riches en encroûtements cobaltifères.
Frictions diplomatiques
«Il faut une prise de conscience de ce que cela peut rapporter à la France», a déclaré à l'AFP M. Grignon, rappelant que grâce à ses outre-mer, la France est la 2e puissance maritime derrière les Etats-unis, avec 11 millions de km2 sur tous les océans.
«L'accès à ces richesses potentielles constitue un atout considérable pour notre pays s'il contribue à un nouveau modèle de développement durable, en particulier au profit des collectivités ultramarines et de leurs populations», très touchées par le chômage et qui auraient là des opportunités de formation et d'emploi, plaide l'ancien député de Saint-Pierre et Miquelon.
Le projet d'extension du plateau continental date de 2003, quand la France s'était dotée d'un programme national dit «Extension raisonnée du plateau continental» (Extraplac), destiné à construire les dossiers qu'elle dépose, territoire par territoire, devant les instances internationales.
L'un d'entre eux est bien connu car il donne lieu à des frictions diplomatiques régulières avec le Canada: celui concernant Saint-Pierre et Miquelon, collectivité française d'Atlantique Nord. Pour le moment, aucun accord n'a été trouvé et la France entend tout de même déposer un dossier d'ici la fin de l'année... Qui restera toutefois sous la pile, la Commission chargée de l'étudier ne pouvant se pencher sur des dossiers faisant l'objet d'un litige.
Un dossier concernant la Nouvelle-Calédonie (secteur sud-est) fait l'objet d'une contestation du Vanuatu voisin, tandis que le dossier de Clipperton est au point mort sans raison apparente, regrette le Cese.
En revanche, d'autres dossiers sont bien avancés: ils ont obtenu l'aval de la Commission mais nécessitent des accords avec des pays tiers. Il s'agit de l'Espagne et de l'Irlande pour le Golfe de Gascogne; du Brésil et du Suriname pour la Guyane, de la Barbade pour les Antilles, et de l'Australie pour le dossier de la Nouvelle-Calédonie (secteur sud-ouest) comme celui des Kerguelen.
«Au Quai d'Orsay de se bouger maintenant pour signer ces accords !», lance le rapporteur.
 © 2013 AFP

L'agence européenne du médicament favorable aux pilules de 3e et 4e générations En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/l-agence-europeenne-du-medicament-favorable-aux-pilules-de-3e-et-4e-generations_1290219.html#eVZIcPp6iPAtM5f3.99

Selon l'agence européenne du médicament, les bénéfices restent supérieurs aux risques. Son utilisation avait été remise en question du fait d'un risque accru d'accidents veineux
L'agence européenne du médicament (EMA) éteint la polémique sur les pilules contraceptives. Elle s'est déclarée vendredi favorable aux pilules de 3 et 4e générations dont les bénéfices restent supérieurs aux risques. Et ce, malgré un taux plus élevé d'accidents par thromboses veineuses. 
La France avait décidé, en début d'année, de restreindre fortement l'usage de ce type de contraceptifs oraux combinés (COC) en raison des risques accrus d'accidents par formation de caillots sanguins et avait saisi l'EMA pour que soient revues les recommandations médicales pour ces produits.  
La commission spécialisée de l'EMA qui s'est penchée sur la question, le Comité pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (Prac) n'a pas fait de distinction claire entre pilules de 1/2e génération d'un côté et de 3/4e génération de l'autre, contrairement à ce qu'avaient réalisé les autorités sanitaires françaises en début d'année.  

Des bénéfices supérieurs aux risques

Le Prac a jugé, dans cet avis diffusé ce vendredi, que globalement "les bénéfices de tous les contraceptifs oraux combinés (COC) continuent d'être supérieurs aux risques". "Il n'y a aucune raison pour qu'une femme qui prend un COC sans problème arrête sur la base de cette évaluation", souligne l'EMA. Toutefois, "il est important que les femmes soient informées des risques, signes et symptômes des thromboses veineuses et que les médecins prennent en considération les facteurs de risques individuels au moment de la prescription d'un contraceptif". 
Le PRAC reconnaît que les risques de thromboses veineuses "diffèrent" entre les types de pilules. Ces risques sont presque deux fois plus élevés pour les pilules de 3/4e génération par rapport aux 1/2e à une exception près: les pilules de type Norgestimate, classées par l'ANSM parmi les 3e génération, portent le même niveau de risque que celles de 1/2e génération.  
L'EMA propose principalement une "mise à jour" des informations sur les pilules contraceptives, notamment dans les notices des boîtes pour "aider les femmes à prendre des décisions en connaissance de cause pour le choix d'une contraception avec les professionnels de santé".