mercredi 27 mai 2015

Recyclage: La moitié des sites internet de vente d’électroménager sont hors-la-loi

Pas évident de renvoyer son frigo par la poste. Mais les sites internet de vente d’électroménager en ligne ne devraient pas pour autant être exonérés de l’obligation de reprendre les appareils usagés pour les recycler.
Que faire de ses vieux appareils électriques?

Les services payants sont interdits

D’après l’association de défense des consommateurs CLCV, la moitié des distributeurs en ligne ne reprennent pas les vieux appareils lors de l’achat d’appareils neufs du même type. «Près de la moitié des distributeurs auxquels nous avons fait des demandes de reprise n’appliquent pas la loi, explique le chargé de mission de la CLCV, Adrien Tchang-Minh, au Parisien. Au mieux, ils proposent un service payant, ce qui est interdit. Au pire, ils refusent tout net l’échange.»
Une première enquête réalisée en octobre 2013 avait conduit la CLCV à porter plainte contre deux sites, Grosbill et Delamaison. Le jugement devrait être rendu à la rentrée. L’association dénonce maintenant l’inaction de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui «devrait verbaliser ceux qui agissent en dehors des clous», estime Adrien Tchang-Minh.

Mozambique: la moitié des éléphants décimés en cinq ans

Le nombre d’éléphants a été divisé par deux en cinq ans au Mozambique à cause du braconnage pour l’ivoire, selon un comptage de l'ONG américaine Wildlife Conservation Society (WCS).
«Le dernier comptage montre une baisse dramatique de 48% du nombre d’éléphants dans les cinq dernières années, passant de 20.000 à 10.300 éléphants. Cette baisse est due au braconnage effréné qui vise les populations d'éléphants les plus importantes», a affirmé WCS dans un communiqué envoyé mardi à l’AFP.
Menée par WCS pour le compte du gouvernement, le comptage des éléphants a été réalisé par avion sur un échantillon de 10% du territoire, à partir duquel les chiffres ont été extrapolés.
WCS estime également que 95% des éléphants décimés l’ont été dans la partie nord du Mozambique, frontalière avec la Tanzanie, où la population d’éléphants est passée de 15.400 à 6.100 individus.
Sur l'ensemble du continent africain, on estime à 30.000 le nombre d'éléphants illégalement abattus chaque année pour alimenter le commerce d'ivoire, essentiellement à destination de la Chine et d'autres pays d'Asie.
Il reste 470.000 éléphants d'Afrique sauvages, selon un comptage de l'ONG Elephants Without Borders (EWB).

Le Maroc, l'autre «pays du Cèdre», veut protéger ce «trésor national»

Le Maroc possède la principale cédraie du bassin méditerranéen, sur 134.000 hectares, mais l'écosystème des cèdres est menacé par le dérèglement climatique et la pression des hommes, et le pays cherche désormais à protéger ce précieux patrimoine végétal.

Essence noble des forêts marocaines, le «Cedrus atlantica» est peu connu comparé à son cousin libanais, le «Cedrus libani» - même si celui-ci, victime de la déforestation, ne couvre désormais plus que 2.000 hectares au Liban, le «pays du Cèdre».
Au Maroc pourtant, le cèdre est considéré comme un «trésor national», parce qu'il est à la fois atout touristique, gagne-pain des bergers et arbre dont le bois est très prisé des ébénistes. Une demande de classement en «réserve de biosphère» et «patrimoine mondial» est à l'étude.
Près d'Azrou, au cœur du massif du Moyen-Atlas, où sont recensées les plus vastes étendues, le «cèdre Gouraud», 42 m de haut et 900 ans d'âge, symbolise aussi bien la majesté que la fragilité de l'espèce: ce spécimen rare, qui porte le nom d'un officier français du temps du protectorat, est mort sur pied -- mais il continue de fasciner les touristes.
«Ici, c'est la Suisse du Maroc! C'est vraiment très beau», s'enthousiasme Badreddine, un jeune Tunisien en visite à Azrou sur les conseils d'un ami, dans ce lieu où les touristes viennent souvent en famille et pique-niquent aux abords de la cédraie.
Pour autant, depuis les années 1980, le cèdre marocain souffre. Il subit à la fois les effets du climat, dont des périodes de sécheresse entre 1980 et le début des années 2000, et ceux des activités humaines au sens large.
Pour le secrétaire général du Haut-commissariat aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD, officiel), Abderrahim Houmy, la «vraie menace» est aujourd'hui le dérèglement climatique.
«Si rien n'est fait, à moyen et long termes, la baisse des précipitations, l'augmentation des températures et les +phénomènes extrêmes+ comme les inondations changeront l'aire de répartition des cèdres», prévient-il.
Déjà, «le déficit hydrique, couplé à la sédentarisation des troupeaux, a donné lieu au dépérissement du cèdre», explique Abderrahim Derrou, directeur du parc national d'Ifrane, créé il y a plus de dix ans pour protéger l'ensemble de l'écosystème et œuvrer au reboisement.
Sédentarisation ? Avec 800.000 ovins, bovins et caprins, la région accueille en effet l'un des plus importants cheptels du pays.

- 'Si la forêt s'en va...' -

Au nom de la préservation des cèdres, une politique associant les populations locales a été mise en place prévoyant la délimitation des zones de pâturages et le versement d'indemnités aux bergers pour leur permettre d'acheter des fourrages en période de disette.
«Si la forêt s'en va, tout partira. Les gens ici ne le savent que trop bien», témoigne auprès de l'AFP un berger d'Aïn Leuh. Ici, «les conditions de vie sont difficiles...»
La cédraie est aussi attaquée indirectement par le singe magot, seul macaque du continent africain à l'état sauvage. Autour du cèdre, de petites échoppes vendent des cacahuètes que des centaines de touristes distribuent à cette autre curiosité de la région, sans réaliser que cette nourriture modifie le régime alimentaire du magot et donc l'écosystème des cèdres.
Autre souci: l'abattage clandestin. Un mètre cube de cèdre peut se vendre jusqu'à 14.000 dirhams (près de 1.300 euros) mais beaucoup moins au marché noir. Les braconniers opèrent généralement de nuit et abattent parfois des arbres centenaires pour ne prélever au final que quelques mètres, afin de faciliter leur fuite.
Armé de sa tronçonneuse, Miloud Bouyekhf assure, lui, ne couper que les arbres marqués par les «Eaux et Forêts», dont l'exploitation est strictement encadrée.
Tendre et parfumé, «ce bois, c'est de l'or», dit-il. «Quand on travaille dans le respect de la loi, même la sciure est récupérée et réutilisée», notamment dans les pépinières.
Abderrahim Houmy, le secrétaire général du HCEFLCD, se veut plutôt rassurant. «Les coupes irrégulières ne représentent que 10 hectares» de cèdres, sur les quelque 130.000 ha du pays, dit-il.
Il n'empêche. Les pouvoirs publics disent avoir engagé la lutte contre l'abattage clandestin. Début mai, un forestier a trouvé la mort dans un accident de la route, lors d'une course-poursuite en pleine forêt avec des braconniers, près d'Aïn Leuh.

Que mangerons-nous demain? Les cinq réponses de l’Exposition universelle

Curry wurst, pad thai ou bagel ? Les 145 pays présents à l’Exposition universelle ont envoyé leurs meilleures spécialités à Milan, mais il ne faudra pas se contenter de ripailler pendant six mois : pour cette Expo 2015, le monde doit se creuser les méninges sur le thème « Nourrir la planète, énergie pour la vie », soit comment alimenter plus de 9 milliards d’humains en 2050 alors qu’aujourd’hui déjà près d’un milliard ne mangent pas à leur faim.
L’équation est d’autant plus complexe que si la démographie est galopante, la taille de la planète reste la même : comment augmenter de 60 % la production alimentaire mondiale d’ici à 2050, sachant que seulement 10 % de la surface du globe est cultivable… et qu’il vaudrait mieux éviter d’accélérer les émissions de gaz à effet de serre, dont un quart est dû à l’agriculture ? 20 Minutes s’est rendu à Milan pour voir où en sont les réflexions.

Solution n°1 : Produire plus, plus, plus

La solution la plus simple serait de produire toujours plus : le Brésil table ainsi sur sa capacité à couvrir 40 % de la demande alimentaire mondiale en 2020 en exploitant les quelque 10 % de son territoire encore disponibles pour l’agriculture et l’élevage. La forêt amazonienne tremble. Peu de pays assument le choix de l’agriculture intensive, notamment à cause de ses impacts sur le climat et des méfaits des engrais chimiques et pesticides sur la santé humaine.

Solution n°2 : Produire autrement

Par exemple, avec les systèmes aquaponiques, qui intéressent beaucoup les pays pauvres en eau. Ces cultures sont un genre de «gagnant-gagnant» agricole et piscicole qui consiste à faire pousser des plantes grâce aux nitrates déféqués par les poissons. Elles seraient jusqu’à six fois plus productives que les cultures au sol et utilisent 90 % d’eau en moins.
Un système aquaponique, sur le pavillon de la Belgique.
Le poisson et les légumes, c’est bien pour les végétariens. Mais les Chinois, eux, c’est de la viande qu’ils veulent : leur consommation est passée de 20 kilos par an et par personne en 1980 à 50 kilos en 2007, a chiffré la FAO. Le problème, c’est qu’avant d’être un steak, un animal ça mange, ça boit, ça pète aussi parfois, et tout ça n’est pas très bon pour l’environnement.
Pour être écolo, faut-il être végétarien ?
Pourquoi ne pas faire pousser de la viande in-vitro, comme l’a déjà fait un laboratoire néerlandais ? Jean-François Hoquette, directeur de recherches à l’Inra, n’y croit pas. « La viande in-vitro émettrait beaucoup moins de CO2 que l’élevage, selon les premiers bilans carbone qui ont été réalisés, mais les hypothèses qu’ils utilisent sont très discutables. D’autre part, la viande in-vitro ne nourrira pas l’humanité, car si elle se développait, elle serait aux mains de firmes qui la feraient payer cher. »
« Frankenburger », le premier steak synthétique dégusté à Londres, avait un goût « assez intense »

Solution n°3 : Manger autre chose

Trouvons alors d’autres protéines à manger. Des algues et des insectes, par exemple. Les premières ont la capacité de pousser très rapidement, les seconds de ne pas avoir besoin de grand-chose pour grandir : produire une livre de criquets nécessite 3.000 fois moins d’eau et 10 fois moins de surface que pour le même poids de bœuf. La Belgique se targue d’avoir déjà commencé à commercialiser plusieurs espèces d’insectes, dont le Locusta migratoria (un criquet), le Zophobas astratus (un scarabée) ou le Bombyx mori, le papa du ver à soie.
Les insectes, une nourriture d’avenir pas sans risque pour la santé
La Belgique, décidément visionnaire, a aussi une idée originale : mangeons les plantes sauvages. « L’homme mange seulement 200 espèces de plantes, alors que 50.000 sont comestibles », chiffrent les Belges. Une petite salade d’orties, de pissenlits ou de poireau sauvage pour accompagner votre tartare de criquet ?
Insectes, algues, tofu… Qu’allons-nous manger demain ?

Solution n°4 : La science, avec ou sans conscience

Nombre de pays mettent en avant les progrès scientifiques qui pourraient ici permettre de désaliniser l’eau de mer pour cultiver en plein désert (au Qatar), ailleurs de développer de nouvelles semences plus productives et moins gourmandes en eau (en Israël) ou de créer de nouvelles variétés de riz hybride (Chine). Mais personne n’ose prononcer le mot « OGM », qui semble tabou à l’Exposition universelle.

Solution n°5 : Un problème ? Quel problème ?

Et si finalement, il n’y avait pas de souci à se faire ? « Ceux qui utilisent les deux chiffres magiques, 2050 et 9 milliards d’humains, sont les groupes agroalimentaires, qui prennent leur revanche après avoir été accusés de tous les maux, et les agriculteurs, qui veulent produire plus et qu’on arrête de les embêter avec l’environnement », n’hésite pas à dire Nicolas Bricas, socio-économiste au Cirad.
Pour beaucoup de chercheurs, les tensions sur l’alimentation mondiale trouveraient plutôt leur solution dans un meilleur partage des ressources, en luttant contre le gaspillage et en se défaisant de la peur que le monde entier veuille consommer trois hamburgers par jour. « Croire que l’alimentation mondiale va s’occidentaliser, c’est croire que l’Occident va continuer à dominer le monde », lance François Attali, directeur marketing d’une grande coopérative laitière française. Un bon sujet pour la prochaine exposition universelle.

Nouveau feu vert de l'Assemblée nationale à la transition énergétique

Restauré dans son schéma initial, le projet de loi sur la transition énergétique porté par Ségolène Royal et cher aux écologistes a obtenu mardi un deuxième feu vert de l'Assemblée nationale.
Adopté par 308 voix contre 217, et 31 abstentions -résultat proche de la première lecture-, ce texte, preuve de «respect de la planète» et «chance pour sortir de la crise», va contribuer à «faire de la France un pays exemplaire» à l'approche de la conférence sur le climat à Paris en décembre, s'est félicité la ministre de l’Écologie Ségolène Royal dans l'hémicycle.
A gauche, tous les groupes, sauf le Front de Gauche abstentionniste, ont voté pour ce texte, qui traduit notamment la promesse de François Hollande de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique à l'horizon 2025. Dans les rangs socialistes, quatre ont voté contre, principalement les élus chevènementistes, en désaccord sur le nucléaire; et deux ont opté pour l'abstention, notamment l'ex-ministre de l’Écologie Delphine Batho.
Qualifié de «texte de réchauffement politique avec les écolos» par le porte-parole des députés socialistes Hugues Fourage, ce projet de loi a été raillé par l'UMP comme une illustration des «noces des écologistes avec les socialistes en prévision du prochain remaniement gouvernemental».
Texte «historique», s'est félicité avant même le vote l'écologiste Denis Baupin, soulignant que «le pays le plus nucléarisé au monde, la France, va décider de réduire d'un tiers son parc nucléaire».
Plus mesurée, Cécile Duflot a assuré dans l'hémicycle du plein soutien des écologistes, mais a plaidé pour que «le pays passe à la vitesse supérieure» et aille au «100% renouvelable».

- La méthode Royal -

Outre une centaine de mesures «touchant la vie quotidienne», les radicaux de gauche ont apprécié la «méthode» Royal, qui n'a cessé d'insister sur la «co-construction» notamment avec les parlementaires.
Tous contre en première lecture, les députés du Front de Gauche ont penché pour l'abstention, vu «quelques avancées» et «l'importance des objectifs affichés», même si leur chef de file André Chassaigne a déploré un «dépeçage de la production énergétique dans le pays».
A droite, l'UMP, vent debout contre les dispositions sur le nucléaire et «un décalque approximatif du modèle allemand» fatal à une filière française, a voté quasi «unanimement contre» un texte de «trahison énergétique» et aux objectifs «irréalistes», a lancé Julien Aubert.
L'UDI a un peu durci sa position par rapport à la première lecture, avec moins d'abstentions (16 au lieu de 25) et plus de contre (12 contre 5). «Très très petit texte», avec «quelques avancées» et «des objectifs souhaitables» mais «flou le plus total» sur le financement, a justifié Bertrand Pancher.
Alors que le Sénat, majoritairement à droite, avait tenté d'en amoindrir les objectifs, notamment sur le poids du nucléaire dans le mix énergétique français, l'Assemblée a rétabli le texte dans une version très similaire à la version de la première lecture.
Outre sur les grands objectifs de production et de consommation d'énergie, les députés sont aussi revenus pour l'essentiel à la version originelle du texte par exemple pour développer l'éolien.
Le projet de loi prévoit aussi de remplacer les sacs plastiques non écologiques, d'accroître le développement des véhicules propres, de rendre obligatoire la rénovation énergétique pour les bâtiments privés résidentiels d'ici 2025, d'installer des compteurs «intelligents» pour maîtriser la consommation électrique ou d'interdire les coupures d'eau en cas d'impayés.
Dans les nouveautés introduites par le gouvernement en nouvelle lecture figurent notamment des quotas obligatoires de bus à faibles émissions à compter de 2020.
Et l'Assemblée, unanime, a ajouté des mesures contre le gaspillage alimentaire destinées à empêcher les grandes surfaces de jeter de la nourriture et de rendre leurs invendus impropres à la consommation, par exemple en les javellisant.
Ces dispositions, dont plusieurs parlementaires revendiquent la paternité, ont été portées notamment par l'ancien ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot, proche de Ségolène Royal et auteur d'un récent rapport sur le sujet.
Le projet de loi va désormais repartir devant les sénateurs, avant son adoption définitive par les députés, qui ont le dernier mot, avant la trêve estivale ou la rentrée.

Etonnants voyageurs: en Alaska, les peuples premiers face à la tentation du pétrole

Concilier l'inconciliable, entre la préservation d'un mode de vie ancestral et les mirages d'une «modernité» promise par l'exploitation du pétrole: tel est le dilemme qu'affrontent des peuples premiers, comme les Inupiat, en Alaska.
«L'exploitation du pétrole depuis plusieurs décennies et son extension sont-elles une menace pour leur mode de vie ou une promesse de développement? Telle est leur interrogation», résument Zoé Lamazou et Victor Gurrey, qui viennent de publier un passionnant travail journalistique illustré, «Une saison de chasse en Alaska», aux éditions Paulsen. Un travail présenté dans le cadre du festival Etonnants voyageurs à Saint-Malo.
Trois mois en Alaska pour voir ces communautés qui n'ont rien demandé, auxquelles leur quotidien convenait parfaitement et que «le capitalisme est venu bousculer». Un phénomène général au-delà du cercle polaire, quel que soit l'Etat - y compris en Russie - mais aussi une problématique mondiale, qu'il s'agisse de l'Amazonie ou de l'Afrique, pour la quête des minerais rares ou des terres arables.
Dans un premier temps, les deux enquêteurs - Zoé Lamazou à la plume et Victor Gurrey au pinceau - se sont rendus à Prudhoe Bay, tout au nord de l'Alaska, «dans le cœur de la bête», au camp des «pétroliers», «une espèce de paquebot de luxe au milieu de la glace», pour observer un univers en vase clos, hors du monde, où la vie, malgré la distance, est identique à ce qu'on vit dans le reste des Etats-Unis.
L'Alaska, dont le budget provient à 90% du pétrole, fournit environ 17% de la production pétrolière des Etats-Unis mais dispose encore d'énormes réserves.
Deuxième étape: Zoé Lamazou et Victor Gurrey sont partis partager la vie des Inupiat, à Point Hope, 10.000 habitants répartis sur huit villages, non loin du détroit de Bering. Une terre habitée depuis plus de deux millénaires, mais «deux mondes qui s'ignorent» et une communauté méprisée par les habitants de Prudhoe Bay: «chez eux, y a pas de route et ça pue», entend-on là-haut.
- 'Ce sont des riches pauvres' -

A Point Hope, chez les Inupiat, le pouvoir est désormais «partagé entre plusieurs entités», ce qui «entraîne une fragilisation des communautés autochtones autrefois très soudées».
Au printemps, c'est aussi la chasse à la baleine, «très encadrée par la communauté». «Observer cette chasse, c'est observer comment la culture est ancrée dans ces communautés mais aussi comment, dans le même temps, tous les verrous sont en train de sauter», constate Zoé Lamazou.
Car les habitants «sont écartelés», témoigne Victor Gurrey, entre une «élite détentrice d'un petit pouvoir» et le reste de la population.
Une communauté où «certains touchent jusqu'à 15.000 dollars de rente par an» du pétrole, mais où, faute de banque, l'argent s'envole en plaisirs immédiats ou en objets de consommation, superflus. «Ce sont des riches pauvres», renchérit Zoé Lamazou. «Il sont en train de perdre leur langue. Avec leur argent, ils ont construit des écoles mais les enseignants sont des Blancs venus se faire en Alaska une prime d'éloignement (...) Le village est riche mais il n'y a pas de médecin».
Des populations en danger d'acculturation, happées par l'alcool, la drogue, le jeu, où on croise «des gamins obèses qui n'ont plus de dents à six ans à cause des boissons sucrées». «Le dernier assaut de la colonisation», commente Victor Gurrey.
Au-delà des questions environnementales, aucune indulgence à attendre du système, même au plan économique. «C'est la ségrégation à l'envers. Les compagnies pétrolières exigent +pas d'alcool, pas de drogue+ sur les chantiers. Donc, les Inupiat ne peuvent plus y travailler, sauf sur les quelques chantiers appartenant à leur communauté».
Les deux journalistes partagent le même constat: «un territoire extrêmement traumatisé par la présence des compagnies pétrolières».
«Une saison de chasse en Alaska», Zoé Lamazou et Vincent Gurrey, éditions Paulsen, 300 pages, 29 euros.

Un perroquet, originaire d'Amérique du sud, menacé de disparition

L'Amazone vineuse, un perroquet à la poitrine violette originaire du Brésil, d'Argentine et du Paraguay est en «grave danger» d'extinction à cause de la réduction de son habitat, affirme une étude rendue publique mardi.
Réalisée dans ces trois pays d'Amérique du sud, l'étude a montré qu'il ne reste que quelque 3.000 spécimens d'Amazone vineuse - Amazona vinacea de son nom scientifique - dans le monde, la plupart au sud du Brésil.
Selon le projet Charao, qui a pris fin en mai et a été réalisé par des universités et instituts des trois pays, 91% des Amazones vineuses, aussi appelées bourgogne, se trouvent au Brésil (soit 2.857 oiseaux), 143 en Argentine et 133 au Paraguay.
Ces perroquets vivent essentiellement dans la forêt atlantique de Santa Catarina (sud du Brésil), dans le sud-est du Paraguay et la région de Misiones, et dans le nord-est de l'Argentine.
Au Brésil le territoire «naturel» de ce perroquet a été «réduit à 8% de sa taille originale», selon un communiqué de la Fondation du groupe Boticario qui a financé l'étude.
Depuis 2012, le perroquet est classé «en danger» d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature mais «il n'y avait pas d'informations fiables sur la réelle dimension de sa population actuelle ni sur sa distribution exacte», précise le communiqué.
La population de cette espèce est 25% inférieure aux estimations qui avaient été faites, a averti Malu Nunes, directrice de la Fondation Boticario, pour qui ce perroquet devrait être classé «en danger critique» d'extinction.
Des campagnes contre la commercialisation des perroquets (déjà interdite au Brésil si elle ne provient pas d'élevages) vont être réalisées et des actions mises en œuvre telles que l’installation de nids dans la forêt pour augmenter les possibilités de reproduction.
Le groupe Boticario, qui produit notamment des cosmétiques et parfums, a créé en 1990 sa fondation privée pour la conservation de la nature.