samedi 12 octobre 2013

Amiante : plusieurs milliers de manifestants réclament «la punition des responsables»

PLACE SAINT-MICHEL (PARIS Ve). Les manifestants se sont allongés sur la chaussée pour réclamer «un procès pénal de l'amiante» et une meilleure «prévention» contre ce risque qui reste «actuel».

PLACE SAINT-MICHEL (PARIS Ve). Les manifestants se sont allongés sur la chaussée pour réclamer «un procès pénal de l'amiante» et une meilleure «prévention» contre ce risque qui reste «actuel». | (AFP)

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Plusieurs milliers de victimes de l'amiante ont manifesté ce samedi à , de la Tour Montparnasse jusqu'au Palais de , pour réclamer «la punition des responsables». Venus de toute la , les manifestants, qui répondaient à l'appel de l'Association nationale des victimes de l'amiante (Andeva), réclament «un procès pénal» et une meilleure «prévention» contre ce risque qui reste «actuel». ontparnas

En tête de défilé, des proches de victimes, notamment des veuves, tenaient des portraits de personnes décédées à la suite de leur exposition à l'amiante. Certains manifestants étaient vêtus de noir et de blanc, le noir pour symboliser la justice, le blanc pour le désamiantage. «Pour la justice contre l'oubli», proclamaient des banderoles.

3000 victimes de l'amiante décèdent chaque année en France
La manifestation vise à «montrer à l'opinion publique et aux responsables politiques que les victimes de l'amiante attendent toujours la tenue d'un procès pénal», a souligné l'Andeva, rappelant que cela faisait dix-sept ans que les premières plaintes avaient été déposées. Toujours selon l'association, des dizaines de milliers de personnes ont été empoisonnées par l'amiante et 3000 victimes décèdent chaque année en France. Les manifestants se sont allongés sur la chaussée place Saint-Michel pour dire «que 3000 morts par an, ce n'est pas rien», a souligné François Desriaux, vice-président de l'association.

Selon lui, «le risque amiante n'est pas de l'histoire ancienne, il est toujours d'actualité». C'est pourquoi «le cortège part de la Tour Montparnasse», où des dépassements répétés de seuils autorisés de poussière d'amiante ont été signalés.

En juin, la société Amundi, filiale du Crédit Agricole, avait d'ailleurs évacué ses salariés en raison de ce danger. «La mobilisation est le seul moyen d'infléchir la passivité des autorités», a lancé, au départ de la manifestation, l'une des salariés d'Amundi.

En août, la préfecture de Paris avait brandi la menace d'évacuations de locaux de la tour, qui abrite quelque 5000 salariés. 

«Cela fait des années qu'elle aurait dû être désamiantée, mais, entre le contournement de la réglementation par les copropriétaires et le laxisme de la préfecture qui a fermé les yeux et accepté de repousser les échéances des travaux, on continue de jouer avec la vie des gens», poursuit l'Andeva.

«Il faudrait faire un effort supplémentaire en matière de prévention, de respect de la réglementation» et également de «formation de ceux qui font des travaux de désamiantage» et qui parfois «ne savent pas qu'ils sont exposés», a souligné François Desriaux.
LeParisien.fr 
 

En Mongolie, la croisade des «éco-Nazis» contre les mines étrangères

Ariunbold Altankhuu, chef d'un groupe écologiste néo-nazi mongol à Oulan-Bator, le 12 septembre 2013
Ariunbold Altankhuu, chef d'un groupe écologiste néo-nazi mongol à Oulan-Bator, le 12 septembre 2013BYAMBASUREN BYAMBA-OCHIR AFP

"Ici nous voulons des gens avec un coeur mongol et du sang mongol", martèle Boldbaatar Gombodorj en pointant du doigt une carte de la Mongolie piquetée de drapeaux correspondant aux nationalités des concessions minières étrangères.

Oulan-Bator - «Ici nous voulons des gens avec un coeur mongol et du sang mongol», martèle Boldbaatar Gombodorj en pointant du doigt une carte de la Mongolie piquetée de drapeaux correspondant aux nationalités des concessions minières étrangères.
Ce militaire à la retraite, dont le nom signifie «Héros en acier forgé», a redonné sens à sa vie en s'engageant dans un groupuscule nationaliste, «Lutte pour la sécurité de la Mongolie». Il exhibe fièrement un svastika en argent autour de son cou.
Un emblème qui a traversé l'histoire mongole et qui n'a «rien à voir» avec le fascisme, assure-t-il. Mais d'autres partageant ses idées se disent ouvertement néonazis et assument pleinement leurs références au Troisième Reich.
Boldbaatar, 56 ans, ne précise pas combien de membres compte son organisation. Mais il est prolixe sur ses objectifs: défendre, au besoin par la force, l'environnement et la culture nomade de la Mongolie dont, selon lui, les multinationales pillent les richesses et corrompent les élites.
Il relate avoir participé ainsi, il y a quelques semaines, à une opération coup-de-poing contre une mine sud-coréenne. Une action qui s'est soldée par un face-à-face tendu avec les gardes du site. «Nous aurions tiré s'ils avaient tiré», affirme l'ancien soldat, un sourire grave sous son imposante moustache.
Boldbaatar Gombodorj a aussi les oreilles en chou-fleur, comme beaucoup de ses compatriotes qui pratiquent la lutte, le sport national.
Il cite le plus illustre des Mongols, Genghis Khan: «Ceux qui polluent les rivières et les sources souillent la pureté, ils doivent donc être châtiés par la mort».
Et il se remémore son engagement dans l'armée, quand il s'est agenouillé en portant à son front un pan du drapeau mongol. «J'ai juré de défendre chaque parcelle de notre territoire. Eh bien voyez maintenant: il est livré aux pays étrangers!»
L'industrie minière représente désormais 20% du produit intérieur brut de la Mongolie, un ex-satellite de l'URSS où la conversion au capitalisme sauvage a généré nombre de laissés-pour-compte. Un terreau fertile pour les mouvements extrémistes.
Le plus connu des «éco-patriotes» est sans doute Tsetsegee Munkhbayar, à la tête d'une petite organisation, La Nation en Feu.
«Ces vingt dernières années, on a recensé plus de 4.000 points d'eau en voie de tarissement et 1.300 qui ont disparu. La principale raison est l'activité minière», souligne cet écologiste radical.
«Quand nous nous rendons dans les campagnes, nous y sommes reçus comme des sauveurs», dit-il à l'AFP.
Il est arrivé que lui et ses hommes aient recours à des moyens violents, comme tirer sur des excavateurs pour les saboter. «Ce sont des méthodes nécessaires quand les autres moyens sont infructueux», assure Munkhbayar.
Dans un quartier central d'Oulan-Bator, en sous-sol d'un immeuble datant de l'époque soviétique, l'AFP a pu rencontrer les membres plus inquiétants de Tsagaan Khass («Svastika blanc»).
Interviewer Ariunbold Altankhuum, le leader de ce groupuscule, donne l'impression d'avoir été téléporté en pleine deuxième guerre mondiale, dans le bureau d'un officier nazi où un buste de Gengis Khan remplacerait le portrait du Führer.
L'homme reçoit habillé d'une gabardine en cuir façon Gestapo, derrière un grand drapeau fortement inspiré de celui de l'Allemagne hitlérienne.
Les militants de l'organisation qui entrent dans la salle effectuent le salut nazi, avec claquement des talons réglementaire. Tous sont habillés de noir, parfois tatoués et les mains portant des bagues ornées d'une Croix de fer.
Se substituant aux autorités locales qu'ils accusent d'être inféodées aux sociétés minières, les militants de Tsagaan Khass effectuent des inspections impromptues dans les mines.
Ils exigent de voir les licences d'exploitation, contrôlent le niveau des salaires des employés mongols et s'assurent que les revenus profitent aux populations sur place.
En cas d'insatisfaction, ces «éco-Nazis» peuvent décider d'interrompre l'activité du site, en confisquant les clés ou en crevant les pneus des engins de chantier.
«Nous ne sommes pas un gang de voyous», assure pourtant Ariunbold, selon qui les sociétés minières «violent les droits des citoyens mongols».
«Ils creusent un trou puis ils partent en laissant derrière eux de terribles ravages environnementaux», dénonce-t-il.
«La société est devenue très vulnérable. Les enfants des riches vont étudier à l'étranger tandis que pour les autres les frais de scolarité augmentent chaque année».
Difficile de jauger l'influence de groupes tels que Tsagaan Khass, qui revendique plus de 3.000 sympathisants.
«Je ne pense pas que leurs idées soient très répandues», confie à l'AFP Jargalsaikhan Dambadarjaa, un expert de la société mongole.
Mais lui et d'autres intellectuels interrogés par l'AFP insistent sur le danger de «polarisation» de la société si la manne des mines n'est pas mieux distribuée dans l'avenir.
 © 2013 AFP

Rapport du Giec : "Le changement climatique va se transmettre d'une génération à l'autre"

La climatologue Valérie Masson-Delmotte, présente à Stockholm, nous explique les enjeux et les résultats du cinquième rapport du groupe d'experts.

"Le rapport de 2007 affirmait déjà le rôle déterminant des activités humaines sur le climat et l'élévation des températures. Aujourd'hui, ce constat est beaucoup plus fin, clair et précis."(Illustration)
"Le rapport de 2007 affirmait déjà le rôle déterminant des activités humaines sur le climat et l'élévation des températures. Aujourd'hui, ce constat est beaucoup plus fin, clair et précis."(Illustration) © JULIAN STRATENSCHULTE / AFP

Propos recueillis par 

Après plus de cinq ans de recherche, c'est un nouveau travail colossal que vient d'achever le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Ce vendredi, à Stockholm, il dévoile les premières conclusions de son cinquième rapport, un point d'étape crucial sur l'état des connaissances scientifiques. L'organisme, sous l'égide des Nations unies, pointe plus que jamais le rôle des activités humaines dans l'augmentation tant des températures moyennes que dans celles des phénomènes climatiques extrêmes. Valérie Masson-Delmotte est l'une des 800 scientifiques mobilisés sur le sujet. Cette climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement* a supervisé le chapitre consacré aux changements climatiques du passé. Elle nous explique les enjeux de la rencontre entre scientifiques et politiques ainsi que les dernières découvertes sur le climat.
Vous êtes réunis entre scientifiques et représentants de 110 pays depuis lundi à Stockholm. En quoi votre travail a-t-il consisté ces derniers jours ?
L'enjeu était de se mettre autour de la table pour approuver, mot par mot, "le résumé pour décideurs" (lien en anglais) par l'assemblée des délégués des différents pays. Ce résumé d'une trentaine de pages est épuré des figures (NDLR : graphes, cartes, etc.), mais reste technique. Il s'agit d'aller à l'essentiel. Chaque mot ayant un impact, ils doivent être choisis avec précision. Le document doit ensuite servir de base scientifique commune entre les pays (pour aider à la décision politique, NDLR).
N'y a-t-il pas une tentation pour le personnel politique d'influencer le résultat des recherches des scientifiques ?
Cette phase donne effectivement lieu à des échanges intéressants, car l'agenda politique de chaque pays n'est pas le même. Ce n'est pas une censure, c'est d'abord un travail de décodage : ce que l'on dit est-il bien compris par les politiques, et vice-versa ? Le consensus sur ce résumé ne porte donc pas sur nos résultats, mais sur la manière de dire les choses. Même s'il est vrai que certains aimeraient atténuer le constat, mettre en avant les incertitudes, alors que d'autres mettraient bien sous le tapis les aspects qui rappellent la complexité du système climatique.
Sur place, j'ai été frappée de voir s'exprimer un monde très multipolaire. Nous, scientifiques, travaillons sur le climat de la planète, mais eux représentent la planète humaine. Le fait que le document soit approuvé par des pays aussi différents que l'Allemagne, l'Arabie saoudite, le Brésil et la Chine est un véritable atout pour les discussions entre États.
Quelles sont les grandes lignes, ce qui est confirmé, ce qui est nouveau par rapport aux précédents rapports ?
Le rapport de 2007 affirmait déjà le rôle déterminant des activités humaines sur le climat et l'élévation des températures. Aujourd'hui, ce constat est beaucoup plus fin, clair et précis. À l'échelle de plusieurs décennies, que ce soit sur l'élévation du niveau des mers, la fonte de la banquise et des glaciers, le réchauffement des océans en profondeur ou certains événements extrêmes, l'homme est la cause principale de tous ces changements sans équivoque.
Sur l'évolution des trajectoires des températures, plusieurs scénarios sont toujours possibles d'ici à 2100, en fonction de la composition atmosphérique. Deux chiffres importants sont à retenir : de + 2 °C en cas de fortes diminutions de nos gaz à effets de serre à + 4 °C en cas de poursuite des rejets actuels. Quant à l'élévation du niveau des mers, elle est actuellement de 3 mm par an, après s'être accrue de 20 cm au XXe siècle. Dans les scénarios les plus hauts, l'élévation totale pourrait atteindre à la fin du siècle un mètre par rapport à l'ère préindustrielle.
Dans le précédent rapport, des erreurs avaient été commises, notamment sur la fonte des glaciers de l'Himalaya. La méthode a-t-elle été renforcée pour éviter cela ?
Sur un rapport final de 1 000 pages, évidemment, nous ne sommes jamais à l'abri d'une erreur. Le processus de relecture a été revu, les éditeurs doivent vérifier la bonne prise en compte des commentaires, en les validant ou en les rejetant. Il est aussi plus facile d'apporter des correctifs.
Avez-vous identifié plus clairement l'origine de ce qu'on appelle la "pause climatique" ?
Il y a bien un ralentissement du réchauffement du climat depuis une quinzaine d'années. Plusieurs éruptions volcaniques et une baisse de l'activité du Soleil ont joué un rôle dans ce tassement de la hausse des températures, mais à la marge. La cause principale est à chercher dans les océans, où la chaleur s'accumule en profondeur.
Concrètement, nous perturbons le climat en renforçant l'effet de serre, en emprisonnant de l'énergie plutôt qu'en la renvoyant vers l'espace. Il faut savoir que 93 % de cette énergie ainsi prisonnière est stockée en réchauffant les eaux maritimes, 3 % réchauffe les sols, 3 % est consommée dans la fonte des glaces et 1 %, uniquement, est stockée à travers le réchauffement atmosphérique. Vous voyez donc bien qu'une toute petite variation des échanges d'énergie entre océans et atmosphère peut jouer un rôle important d'une décennie à l'autre. Nous n'avons aucun contrôle sur ce mécanisme de variabilité interne du climat. Mais quand on regarde à l'horizon de trente ans, tous les scénarios montrent un réchauffement atmosphérique.
Si nos modes de développement ne changent pas, le pire est donc toujours à craindre, mais plutôt pour après-demain ?
Les perturbations liées aux gaz à effet de serre ont une durée de vie longue, de l'ordre du millénaire, tout comme est longue la réponse du climat. C'est donc un problème que l'on va se transmettre en héritage, d'une génération à l'autre. La question du climat est universelle, car elle concerne tous les habitants de la planète.
* Unité mixte de recherche associant le CNRS, le CEA et l'université Versailles-Saint Quentin.

Le dossier gaz de schiste n'est pas clos, selon un expert

ENVIRONNEMENT - L'avocat Arnaud Gossement, spécialiste du droit de l'environnement, explique qu'il faut attendre la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi par la société Schuepbach d'un recours contre l'abrogation de deux permis dans le sud de la France...

La confirmation de l'interdiction de la fracturation hydraulique par le Conseil constitutionnel vendredi ne clôt pas le dossier gaz de schiste en France, considère l'avocat Arnaud Gossement, spécialiste du droit de l'environnement, estimant "nécessaire" la réforme du code minier.

La décision du Conseil constitutionnel clôt-elle le dossier gaz de schiste?

Non, cette décision va maintenant redescendre au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi par la société Schuepbach (d'un recours contre l'abrogation de deux permis dans le sud de la France). On ne peut pas préjuger de la décision du tribunal. Il est certain que ce recours a aujourd'hui perdu un argument de poids, mais il y a peut-être d'autres arguments pour plaider l'illégalité de ces abrogations. Il faut donc être prudent et attendre la décision du tribunal. A moyen terme, ensuite, il y a maintenant une demande de l'Ufip (représentant le secteur pétrolier) pour une application complète de la loi (interdisant la fracturation hydraulique) dont l'article 2 prévoit le droit à l'expérimentation de la fracturation hydraulique. On voit donc que la stratégie a évolué.

L'exploitation du gaz de schiste reste-t-elle par ailleurs possible si d'autres techniques sont développées?

Tout à fait. Cette loi est une loi d'urgence, limitée. D'une part elle n'interdit pas l'exploitation de ces hydrocarbures par une autre technique, d'autre part elle ne définit pas la fracturation hydraulique. Or, on sait qu'il y a une bataille sémantique pour essayer de faire oublier le terme de fracturation au profit de termes comme massage ou stimulation... C'est aussi une bataille juridique: si une société arrive à faire reconnaître que la technique qu'elle entend utiliser ne relève pas de la fracturation, la loi ne lui sera plus opposable. D'où la nécessité de reprendre le chantier législatif, cela s'appelle la réforme du code minier [l'ensemble de textes qui régissent l'exploitation du sous-sol].

Schuepbach envisagerait de réclamer une indemnisation financière à l'Etat. Cela semble-t-il fondé?

Pour obtenir une indemnisation, il faut prouver trois éléments, qui à mon avis ne vont pas être apportés. Premièrement, il faut démontrer qu'on a subi un préjudice direct, réel, certain. Ce que je comprends, c'est que le pétrolier pourrait demander une indemnisation du manque à gagner. Mais soit on dit qu'il faut un forage exploratoire pour savoir ce qu'il y a sous nos pieds, soit on le sait déjà et on peut alors évaluer le manque à gagner. Il y a là une contradiction et une faiblesse juridique. Deuxièmement, il faut aussi prouver une faute de l'Etat et troisièmement un lien entre cette faute et le préjudice. Les éléments de la responsabilité de l'Etat aujourd'hui ne sont pas réunis pour demander une quelconque réparation.
 Avec AFP

VIDÉO. "Super Trash" : poubelle la vie !


http://www.lepoint.fr/environnement/video-super-trash-poubelle-la-vie-12-10-2013-1743309_1927.php
Ici, point de liquide radioactif qui s'écoule dans l'océan ni de fonte spectaculaire de glaciers anciens. Pourtant, ce qui se joue près de Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, n'en est pas moins toxique pour l'environnement. La décharge à ciel ouvert de "la Glacière" digère péniblement les milliers de tonnes de déchets qui y ont été enfouis depuis plusieurs décennies. Le réalisateur Martin Esposito a écumé l'endroit pendant deux ans, juste avant sa fermeture définitive, en juillet 2009. Des trois cents heures d'images mises en boîte, il a fait un film, Super Trash, sorti mercredi dans les salles.
Son point fort, c'est bien sûr d'emmener le spectateur au coeur d'un monde dont il se tient sagement éloigné. Qui aurait envie de vivre sur une montagne d'immondices ? C'est pourtant ce qu'a expérimenté cet ancien sportif, non sans talent. Il immortalise ces rebuts voués à disparaître : prospectus en tous genres, bouteilles en verre encore intactes, jouets à peine usagés, etc. Et, bien sûr, de la nourriture, en quantité et en qualité.

Pot-pourri

Il faut le voir pour le croire, et pour son premier long métrage, l'apprenti cinéaste a donné de sa personne. Croquant dans une merguez ou un petit pain au lait encore fraîchement emballés, Martin Esposito trouve de quoi satisfaire son estomac pourtant noué par l'odeur putride qui flotte dans l'air. Le comble ? Ces diffuseurs de parfum artificiel disposés en bordure de la colline infestée... et qui n'empêchent pas l'atmosphère d'empester !
De son voyage à "Trash Land", Martin Esposito ne rapporte pas que des déchets. Les ouvriers qui travaillent sur place lui fournissent quelques informations aussi intéressantes qu'inquiétantes. Par exemple, ces hydrocarbures dégazés à même le sol ou ces boues d'épuration répandues de-ci de-là, malgré l'interdiction stricte de cette pratique. Bien sûr, la technique permet d'économiser sur le processus long et onéreux de retraitement de ces liquides dangereux... Mais quid du coût pour la nature ? En contrebas de "la Glacière", le lixiviat, ce jus de déchets que même le téméraire réalisateur n'oserait pas boire, finit inexorablement sa course dans les rivières.

Eau radioactive à Fukushima: Tepco s'explique

http://www.20minutes.fr/planete/1235109-20131011-eau-radioactive-a-fukushima-tepco-explique

Tokyo - Presque tous les jours, la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) annonce des incidents à la centrale atomique sinistrée deFukushima, dont une grande partie est liée à l'accumulation d'eau radioactive. Des responsables de Tepco expliquent la situation à l'AFP.
«Les problèmes se divisent en gros en deux catégories: l'eau souterraine contaminée et l'eau stockée dans des réservoirs», détaille Yoshimi Hitosugi, un directeur de la communication de Tepco.
De grandes quantités d'eau sont toujours dans des canalisations souterraines depuis avril et mai 2011. Cette eau est très radioactive car elle s'est mélangée avec celle ayant servi à refroidir le combustible fondu dans les réacteurs.
«Nous avons stoppé l'écoulement de cette eau en mer et nous en pompons», mais il en reste, explique le directeur de la gestion des équipements nucléaires, Teruaki Kobayashi.
En outre, de l'eau souterraine qui ruisselle en permanence de la montagne voisine devient radioactive en s'infiltrant sous les réacteurs.
Pour stopper cet écoulement, Tepco prévoit de bâtir un mur de glace souterrain, avec l'aide de l'Etat, et de pomper l'eau en amont, avant qu'elle n'arrive sous les réacteurs. «Si cette eau, une fois analysée, est jugée saine, elle sera déversée en mer», indique M. Kobayashi.
«Les installations sont prêtes mais il nous faut encore obtenir la compréhension des pêcheurs et autres personnes concernées», précise M. Hitosugi.
Par ailleurs, Tepco a commencé d'ériger en mai 2012 une barrière sous-marine pour isoler le bord de mer le long de la centrale et l'océan Pacifique. Cette construction sera achevée en septembre 2014.
Pour le moment, Tepco assure que l'eau de l'océan Pacifique n'est pas atteinte, ou peu.
«Nous mesurons tous les jours l'eau de mer dans plusieurs endroits, et nous pouvons dire qu'au-delà de la zone du port, il n'y a pas de contamination significative. Nous faisons des contrôles à 3km, 15 km, et là, les niveaux sont inférieurs aux limites légales ou bien non détectables», insiste M. Hitosugi.
Le problème de l'eau contaminée n'est pas nouveau mais a dégénéré lorsque Tepco a reconnu cet été qu'une partie s'écoulait en mer et qu'en août 300 tonnes d'eau se sont échappées d'un réservoir, fuite dont une partie a peut-être fini dans l'océan Pacifique.
«Nous avons démonté le réservoir et vu que des boulons étaient lâches, mais nous ne savons pas si c'est l'origine de la fuite», a reconnu M. Hitsosugi à propos de cet incident qualifié de grave par l'autorité nucléaire.
M. Kobayashi reconnaît la fiabilité douteuse des réservoirs, «parce que la compagnie a dû prendre les modèles disponibles et rapides à monter».
«Nous avons renforcé les patrouilles, avec 90 personnes, et installons des caméras thermiques pour mesurer le niveau d'eau dans chaque réservoir», détaille-t-il.
Selon Tepco, la quantité d'eau plus ou moins radioactive à stocker passera de 350.000 tonnes à présent à 800.000 en 2016. Les emplacements sont déjà prévus pour quelque 450 réservoirs supplémentaires.
«A raison de 400 tonnes de plus par jour, il faut assembler un nouveau réservoir de 1.000 tonnes tous les deux jours et demi au moins», souligne M. Kobayashi.
Le problème ne serait pas si grave si l'eau stockée était à peu près propre, mais ce n'est pas le cas. Car le système de décontamination existant, prévu pour traiter 500 tonnes d'eau par jour, n'est pas encore pleinement fonctionnel.
Un dispositif qui sert à retirer les césium 134/137 a l'air de tourner correctement mais l'autre, appelé ALPS (système avancé de traitement de liquide), pour filtrer 62 des 63 éléments radioactifs restants, pose problème. Une seule des trois unités fonctionne, avec des hoquets. Un autre dispositif est prévu mais ne sera pas près avant 2014.
Quand on évoque les accusations récurrentes selon lesquelles Tepco tarde à rendre public ou masque des problèmes sur le site, M. Hitosugi se défend: «nous communiquons une fois que nous avons pu dans une certaine mesure vérifier ce qui s'était passé et cela peut prendre du temps».
«Si nous annoncions un problème 5 minutes après l'avoir détecté, nous serions incapables de donner la moindre explication», renchérit M. Kobayashi. «En revanche, nous ne tardons pas à avertir les autorités», assure-t-il.
 © 2013 AFP

mercredi 2 octobre 2013

L’Union Européenne envisage un objectif de réduction des émissions de 40% d’ici 2030

L’Union Européenne envisagerait un nouvel objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 40% à horizon 2030, ainsi qu’un objectif plus ambitieux en matière d’utilisation d’énergies renouvelables.
Les législateurs de l’Union Européenne envisagent de doubler l’objectif du bloc en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et de se fixer un objectif contraignant plus strict en matière d’utilisation des énergies renouvelables, d’après des sources de l’Union Européenne.

La Commission Européenne avait déjà annoncé ces nouveaux objectifs cette année mais doit encore mettre en place une proposition législative. Cela devrait être le cas à la fin de l’année.

Une source de la Commission a déclaré qu’elle envisageait deux objectifs juridiques pour suivre les trois objectifs d’énergie verte qui expirent à la fin de cette décennie.

Ces derniers seraient un objectif de réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 40%, et un objectif de 30% d’utilisation des énergies renouvelables.

C’est aux Etats membres d’apporter une contribution, de donner des priorités constructives 

En comparaison, les objectifs à horizon 2020 consistaient à réduire de 20% les émissions de CO2, une part de 20% d’énergies renouvelables et un objectif pour améliorer les économies d’énergie de 20%.

« La Commission étudie actuellement un objectif de 40% d’émissions de gaz à effet de serre et un objectif de 30% d’énergies renouvelables, mais pas de troisième objectif » a indiqué la source, ajoutant que certains commissaires étaient opposés aux objectifs et que le débat serait difficile.

En plus de réduire les émissions domestiques de 40%, une autre source a indiqué que l’Union Européenne s’engagerait à des réductions supplémentaires via les compensations internationales si un objectif mondial sur le changement climatique était mis en place.

La source a ajouté que les experts de la Commission analysaient l’impact économique d’une fourchette de 35 à 45% de réduction d’émissions de dioxyde de carbone.

Traditionnellement, la politique climatique de l’Union Européenne a été de conserver les départements de l’énergie et du climat de la Commission. Mais les difficultés économiques de l’Europe ont incité les responsables influents, y compris le chef des Affaires Economiques et Monéraires Olli Rehn, à insister pour que les politiques vertes ne nuisent pas à un rétablissement économique fragile.

Les objectifs de l’Union Européenne peuvent influencer le débat international sur le changement climatique et également avoir une influence sur le marché européen de permis carbone, qui est tombé à des niveaux records cette année sous l’influence du surplus de permis.

Des objectifs politiques plus ambitieux pourraient aider à limiter l’excès de permis carbone.

S’ils sont adoptés, les nouveaux objectifs européens seront les plus ambitieux au niveau mondial. Le Sénat américain a refusé de légiférer sur des objectifs de réduction promus par le Président Barack Obama, tandis que le nouveau Premier Ministre conservateur de l’Australie, Tony Abbott, qui est arrivé au pouvoir le mois dernier a promis de réduire les taxes sur la pollution carbone.

Pourtant, les militants écologistes ont déclaré que l’objectif de réduction des émissions de CO2 de 2030 devrait être de 60%.

« Les chiffres de gaz à effet de serre que la Commission envisage actuellement ne nous donnent qu’une probabilité de 50% de prévenir le changement climatique » a indiqué Brook Riley, un militant pour Amis de la Terre.

Il a déclaré que la fourchette utilisée pour modéliser l’impact économique était bien trop basse et que la commission plaçait le pragmatisme politique à court terme avant la science.

La Commission n’a pas commenté les propositions avant qu’elles ne soient publiées.

S’exprimant à Vilnius, où les ministres de l’énergie sont rassemblés jeudi et vendredi, le Commissaire à l’Energie, Guenther Oettinger a déclaré que le débat était ouvert.

« C’est aux Etats membres d’apporter une contribution, de donner des priorités constructives » a-t-il déclaré.

Les Etats Membres semblent profondément divisés sur la question. Le Danemark a promu un nouvel ensemble de trois objectifs mais d’autres tels que la Grande-Bretagne ont déclaré qu’ils voulaient seulement un objectif pour la réduction des émissions.

La Pologne, qui accueillera les discussions des Nations Unies sur le changement climatique à Varsovie cette année, a déclaré que l’Union Européenne ne devrait pas faire de promesses avant qu’un accord mondial ne soit conclu. Une telle signature n’est pas attendue avant un sommet de l’ONU à Paris en 2015.